Dans l’industrie de la musique, l’un des plus gros problèmes liés à l’arrivée de Spotify à la Bourse de New York a été ce que les grandes maisons de disques feraient avec les milliards de dollars d’actions qu’elles détenaient dans le service de streaming.

Une réponse est tombée mercredi, lorsque Sony a annoncé avoir vendu 17 % de sa participation dans Spotify pour plus de 250 millions de dollars.

La transaction a été effectuée le mardi, le jour où Spotify a commencé à être côté sur le marché boursier, a déclaré Sony. Spotify avait clôturé sa première journée avec une valorisation boursière de 26,5 milliards de dollars.

A la naissance de Spotify, les maisons de disques considéraient ce modèle d’affaires hybride du service de streaming, à la fois gratuit et payant, comme un risque potentiel qui pourrait affaiblir les ventes de CD et les téléchargements. Ainsi, comme condition d’octroi de licences pour leur musique, les labels ont reçu des parts.

En fin de compte, les ventes de CD et de téléchargements ont chuté de façon spectaculaire au cours des dernières années, bien qu’en moyenne l’augmentation rapide du streaming ait augmenté les revenus de l’industrie du disque.

Comment les labels vont utiliser les revenus de la vente de leurs parts de Spotify a fait l’objet d’un débat dans l’industrie. Les labels ont dit vouloir partager les profits avec leurs artistes, mais ils ont donné peu de détails précis sur la façon dont ces paiements seraient calculés.

Le Worldwide Independent Network, un groupe commercial de petits labels de musique, a demandé aux grands labels de partager cet argent avec les labels indépendants qu’ils gèrent.

Parmi les majors, Sony détenait la plus grande part de la société, avec environ 5,7 %, selon le prospectus de Spotify. Les participations détenues par les deux autres grandes maisons de disques, Universal et Warner, n’ont pas été divulguées, mais on estime qu’elles sont de 4 % ou moins. Merlin, une organisation qui représente les labels indépendants dans les négociations de licence, a également une participation inconnue.

Sony a déclaré avoir vendu 17,2 % de sa position dans Spotify mardi. Elle n’offrait aucun autre détail sur la transaction, mais si elle a été effectuée au cours de clôture de Spotify de 149,01 $, la vente vaut alors 260,5 millions de dollars. Si la vente a eu lieu au prix d’ouverture de 169,50 $, ce serait 296 millions de dollars.

Sony a également annoncé mercredi qu’elle réaliserait un bénéfice de 105 milliards de yens (environ 986 millions de dollars) pour son premier trimestre fiscal, attribué à la fois à la vente de l’action Spotify et à la valeur de sa participation restante.

Pour les grands labels, la question de savoir si, et quand, vendre leurs parts Spotify comporte un risque potentiel pour leurs artistes. Si les labels vendent tout de suite, ils peuvent être accusés de vouloir encaisser rapidement ; s’ils attendent, ils peuvent être accusés de garder trop longtemps de l’argent qui, selon eux, appartient à leurs artistes.

Les représentants d’Universal, Warner et Merlin ont refusé de commenter, mais aucune transaction liée à la participation de ces sociétés dans Spotify n’a été annoncée.

Une porte-parole de Sony Music a refusé mercredi de commenter sur les détails de la transaction de Sony. Mais mardi, avant l’ouverture du marché, Sony et Orchard, sa filiale de distribution indépendante, ont publié un bref communiqué dans lequel ils se sont engagés à « partager avec leurs artistes et labels tout gain net qu’ils pourraient réaliser grâce à la vente de la participation de Sony Music dans Spotify’’.